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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 13:25

   

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                                                                29 mars 2012 

          

         Nanchang

 

 

             Voici venir la "Fête du nettoyage des tombes", l'équivalent de notre Toussaint, avec trois jours de congés à la clé, l'occasion de prendre un week-end prolongé. On décide de partir de Nanchang et d'aller passer cinq jours sur l'île de Taïwan, pour visiter une autre Chine. Ce n'était pas prévu dans mon itinéraire initial mais l'occasion faisant le larron...J'ai donc rajouté une page Taïwan à nos carnets de voyages.

                        

 

                                                                                Du 4 au 8 mai 2012

                Xiamen

 

 

        On a passé le week end du 1er Mai dans l'ancienne Concession française de Shanghai. Trois jours à se promener dans les rues bordées de platanes et à retrouver le goût du pain français grâce aux boulangers-pâtissiers formés à la française. Que du bonheur, entre les flâneries, les visites de villas et de manoirs Art déco et le shopping, d'autant qu'on logeait dans une superbe villa située dans un parc splendide et surtout au calme, loin de la foule des touristes habituels. Je n'ai pas fait d'article mais j'ai rajouté les photos dans l'album "Shanghai".
Trois jours de travail et nous voilà repartis pour 4 jours. Je dois en effet prendre deux jours de congés par mois et j'ai décidé de les cumuler pour aller à Xiamen, à 650 km au sud-est de Nanchang, sur les bords de la Mer de Chine Méridionale. 1h de vol de nuit et nous y sommes.
Xiamen est sur une île reliée au continant par trois grands ponts et un tunnel et fait face à l'île de Quemoy, qui est administrée par Taïwan. C'est une ville qui s'est développée économiquement très rapidement et le troisième port de commerce de Chine. Ce fut aussi un repaire de pirates et un des premiers ports ouvert aux étrangers au XIXème siècle. Xiamen fut rebelle à l'autorité centrale de l'Empire du Milieu et le berceau de sociétés secrètes, les Triades, à la réputation sulfureuse. On a visité le fort de Hulishan construit pour asseoir l'autorité de la dynastie des Qing, le temple très fréquenté de Nanputuo et marché sur le sable de la plage longeant Huandao Lu, face à l'île de Gulang Yu.

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                      Statue de Zheng Chenggong sur l'île de Gulang Yu.

 

        Malheureusement, il s'est mis à pleuvoir assez fort et cela a contrarié notre projet de faire trempette (au moins les pieds!) dans les eaux de la Mer de Chine Méridionale.
Le lendemain, embarquement matinal sur le ferry desservant l'île de Gulang Yu, la principale attraction touristique de Xiamen. On s'en rend compte lorsqu'on est compacté sur le ferry à ne plus pouvoir bouger, et il n'est que 8h du matin. Aussitôt débarqués, on se lance à l'assaut des rues et ruelles de l'île, avec en point de mire le Pic du Soleil, le point culminant de l'île. Encore des collines à gravir et des centaines de marches à monter et à descendre mais on n'en a cure. Il faut dire que l'endroit a un charme particulier avec ses maisons de style baroque et Art déco, datant de la période où l'île était une concession étrangère. On visite encore des parcs, des temples et des musées, sans oublier de faire un détour vers la plage où le beau temps aidant, on peut enfin se tremper les pieds. Le parc Zheng Chenggong est particulièrement beau avec une immense statue en granite du héros surplombant la mer du haut d'un imposant rocher et faisant face à la ville de Xiamen.
Revenus sur le continent, on peut encore se balader dans la rue commerçante et piétonne de Zhongshan Lu où on peut trouver tout ce qui se vend et s'achète et même plus. On rentre à notre hôtel assez fourbus et avec des couleurs grâce au soleil qui était de la partie.
On est sortis de Xiamen pour les Monts Boping pour voir les Tulou, les forteresses d'argile, habitat très particulier de la minorité Hakka qui habite dans ces montagnes et qui vit principalement de la culture de leur thé wulong dont la renommée dépasse les frontières de la province du Fujian.

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                                                   Un tulou

 

        Ces bâtiments imposants peuvent être circulaires ou carrés, à plusieurs étages et peuvent abriter plus de 500 personnes, les familles vivant en communauté. Les épais murs extérieurs sont en argile et garnis de fenêtres et de meurtrières en hauteur, les galeries intérieures sur plusieurs niveaux sont en bois, souvent ouvragés et les chambres sont désservies par des escaliers également en bois. Les rez-de-chaussée aujourd'hui transformés en ateliers et boutiques, servaient autrefois de zone de stockage des récoltes, et les cuisines et la basse-cour occupaient la cour intérieure, qui fait office de place du village. Chaque tulou et donc chaque communauté a ses propres divinités auxquelles elle voue un culte sur les autels installés à cet effet.
Sur le chemin du retour, on profite des paysages des monts Boping avec les cultures de thé en terrasse et les bananeraies qui bordent la route dans la plaine. La dernière matinée, on la passe à se promener sur les bords des lacs et dans les parcs qui agrémentent le centre de Xiamen, à un jet de pierre de notre hôtel. On reprend un vol pour Nanchang en début d'après-midi, il me faut être au boulot demain.

 

 

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                                                                                    Du 9 au 10 juin 2012

                                  

 

            Week end pluvieux dans les Monts Sanqingshan

 

 

     On part en voiture pour les monts Sanqingshan, à l'extrême est du Jiangxi. Le trajet de 300 km se fait sous des trombes d'eau car ici on est en pleine saison des pluies et cela dure depuis 3 mois. L'année dernière on était passé au travers, il parait que c'était une année de sécheresse. Il y a même des inondations catastrophiques et meurtrières dans le nord de la province. Toujours est-il qu'on arrive dans la petite ville de Yushan au pied des montagnes avec notre prof de chinois et une étudiante de français. Le temps de poser nos affaires à l'hôtel et on va se chauffer les jambes dans un parc naturel sur une petite montagne, Tian Liang, qui surplombe le lac Sanqingshan Hu. Le plat de résistance est pour le lendemain, les Monts Sanqingshan, à une cinquantaine de km de Yushan.

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                                       Parc National des Monts Sanqingshan.

 

      On y arrive tôt le matin pour prendre un télésiège qui nous fait traverser deux vallées avant de nous déposer à 1500m d'altitude au pied des pics de Sanqingshan. C'est un Parc National grandiose, superbement aménagé, mais c'est une banalité de le dire tant les chinois sont passés maîtres dans l'art d'accomoder la nature, quelques fois même avec excès, mais là c'est grandiose. Les paysages rappellent les estampes caractéristiques chinoises avec leur lots de montagnes et de pics émergeant de la brume, de cyprès et de pins parasols. L'érosion a façonné cette montagne de granite comme de la dentelle, les roches ont des formes qui ont été baptisées suivant l'imagination débordante des premiers explorateurs de ces merveilles. Ce qu'on avait pas prévu c'est qu'il a fallu grimper des centaines de marches (voir peut-être 2000) car il faut passer d'un pic à l'autre entre 1500m et 1800m. Comme les dénivelés s'additionnent, ça a fait très mal aux mollets et aux cuisses, avec un orage monstrueux au milieu de l'après-midi qui nous a laissé trempés comme sous la douche. Heureusement il ne faisait pas froid, à peine raffraîchissant. Mais on ne regrette rien, les paysages magnifiques nous ont amplement récompansés des désagréments subis et des courbatures du lendemain. C'est tard le soir après quatre heures de route que nous sommes revenus dans notre logis à Nanchang, fatigués mais sans regrets. Je prépare déjà le prochain voyage qui doit nous emmener visiter les Trois Gorges du Yangtze Kiang à l'occasion du Dragon Boat Festival dans quinze jours.

 

 

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                                                                                   Du 21 au 24 juin 2012

 

              Sur le Yangtze Kiang

 

 

         Trois heures de train pour arriver à Wu Chang,ville qui est groupée avec Wuhan, puis quatre heures de bus pour rejoindre Yichang, porte d'entrée (ou de sortie) des Trois Gorges du Yangtze, où nous dormons à l'hôtel des Trois Gorges. Nous on va remonter le fleuve jusqu'à Chongqing. On va d'abord visiter le Barrage des Trois Gorges, actuellement le plus grand barrage hydraulique du monde, ouvrage gigantesque et controversé qui a défrayé la chronique et qui est le cauchemar des écologistes. On y accède par une route spéciale qui n'est ouverte qu'aux détenteurs d'un permis (dont les agences de voyage!), la crainte d'un attentat justifiant les check points de sécurité et les nombreux postes de garde jalonnant la route qui y mène.

 

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                                 Le Barrage des Trois Gorges.

     

       Bonne surprise, c'est par des escalators extérieurs que l'on monte au Belvédère qui surplombe le barrage et les non moins remarquables écluses qui le jouxtent. L'ensemble est impressionnant et le musée qui retrace l'histoire de sa construction est remarquable. Le barrage n'est pas tout à fait terminé, bien qu'en service, il y a encore des annexes en cours de construction.
Nous rejoignons ensuite la petite ville de Zi Gui pour prendre le funiculaire et descendre à l'embarcadère où nous attend notre bateau, la Perle du Yangtze, rien de moins, et où nous prenons possession de notre cabine assez confortable avant de déjeuner. Mais déjà le bateau a levé l'ancre et nous passons les gorges de Xi Ling. Comme le niveau de la retenue d'eau est plus haut qu'à l'origine, les gorges sont plus larges et ma foi moins impressionnantes. Le spectacle des falaises abruptes est cependant très beau. Il y a une circulation de bateaux importante sur ce ce fleuve qui est une artère économique et de communication de la Chine Centrale vers les grandes villes jusqu'à Shanghai.

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                                                        En remontant le Yangtze.

 

       Au milieu de l'après-midi, nous changeons pour un bateau à plus faible tirant d'eau et nous allons remonter un bras du Yangtze, le Shen Nong Xi, un parc naturel plus sauvage et surtout moins fréquenté, sinon par des barques de pêcheurs dont on peut imaginer la vie très dure à manier les rames pour gagner leur vie. Là, le paysage est plus naturel, il n'y a pas le bétonnage qui défigure par endroits les rives du grand fleuve.

 

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                            Pêcheurs sur le Shen Nong Xi stream.

 

       Là, les gorges sont vraiment étroites, les à-pics vertigineux, on craint qu'une roche ne se détache de la paroi. Ici aussi, l'imaginaire des hommes a donné des noms à des paysages naturels: Gorge du Perroquet, Roche de l'Eléphant... L'autoroute Chengdu-Shanghai en construction enjambe ce bras du fleuve et ne laisse pas augurer un avenir serein pour cette nature encore sauvage. Il y a même un cercueil vieux de plusieurs centaines d'années suspendu dans l'anfractuosité des rochers bien au-dessus du niveau de l'eau; comment a-t'il été hissé là-haut? mystère!
C'est après le retour vers notre bateau et le dîner à bord que nous franchissons les gorges de Wu au crépuscule et que nous nous arrêtons pour la nuit au port de Wu Shan.
Le lendemain, à l'aube, nous franchissons les Gorges de Qutang, les dernières de notre croisière, avant de jeter l'ancre au port de Bai Di, la cité de l'Empereur Blanc. Nous rejoignons l'île de Bai Di Cheng sur un pont et sous une galerie couverte, et nous grimpons les 300 marches (il y en avait 1000 avant la construction du barrage) conduisant à l'ancienne cité de l'Empereur Blanc d'où l'on a une vue superbe sur l'entrée des Trois Gorges du Yangtze. C'est d'ailleurs ce paysage qui figure sur le billet de 10 yuans.

 

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L'entrée des Trois Gorges du Yangtze.

 

       Un jeune étudiant nous sert de guide en anglais et nous nous fait visiter les lieux en nous contant avec force détails l'histoire des Trois Royaumes, de l'Empereur Blanc et des sarcophages de bois du Musée des cercueils suspendus. On apprend aussi que le Yantze peut atteindre la hauteur de 175m, record actuel, et que nous naviguons en ce moment à 140m. On reprend la navigation sur le fleuve jusqu'à la ville de Wanzhou que nous atteignons dans l'après-midi. On quitte définitivement le bateau. Puis c'est après un dîner spécial de la cuisine de Wanzhou, encore plus épicée que celle de Nanchang, que nous rejoignons en bus la grande mégalopole de Chongqing où nous passons la nuit. Le lendemain, retour à Nanchang par un vol en fin de matinée et fin de notre voyage dans le Hubei et la Région Autonome de Chongqing.

 

 

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                                                                                                         Du 27 au 30 juillet 2012

             Qingdao

 

 

       Mes deux jours de congés mensuels à prendre accolés à un week end et nous voilà partis pour Qingdao, port et ville balnéaire située au nord de Shanghai, sur la mer Jaune. On arrive en fin de matinée mais nous ne verrons pas le sommet des buildings du nouveau Qingdao, cachés par la brume. On s'installe dans notre hôtel, le Shangri La, chambre et service somptueux, on a décidé de ne rien se refuser. Qingdao est à la Chine ce que Kronenbourg est à l'Alsace, la référence pour la bière qui est brassée ici depuis que les allemands qui y avaient une concession ont construit et ouvert la première brasserie de Chine, il y a un peu plus de cent ans. La bière de Qingdao, Tsingtao suivant l'appellation d'origine allemande, est réputée et consommée dans tout le pays et au-delà. Il y a au mois d'août une Fête de la Bière qui certes ne fait pas d'ombre à la Fête de la Bière de Munich mais qui attire pas mal de monde, et quand on sait ce que cela signifie en Chine...Qingdao fut le site qui abrita les sports nautiques lors des Jeux de Pékin en 2008 et c'est aussi un grand port de commerce et de plaisance.

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La Brasserie Tsingtao.

 

      La ville en elle même est très belle et on y retrouve des quartiers aux allures germaniques, héritage de l'ancienne occupation allemande qui n'a pourtant duré qu'une trentaine d'années, relayée par autant d'années d'occupation japonaise. Au gré de la promenade dans les rues de la vieille ville, on retrouve les styles d'architecture allemand, voir bavarois qui nous rappellent la vieille Europe. Bien sûr, comme c'est les vacances, il y a encore plus de touristes chinois en goguette. Les plages qui bordent la ville sont envahies, mais il y a très peu de baigneurs, la plupart se contentant de se mouiller les pieds ou de gratter les rochers à la recherche de coquillages.

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Qingdao Bay.

 

       Les plages sont aussi des lieux de prédilection pour faire les photos de mariage de même que les parvis des églises catholique ou protestante, l'essentiel étant d'être photographiés devant un lieu connu, et étranger de préférence, Photoshop fera le reste. Après les inévitables temples, pavillons et parcs, on monte même à la tour de TV pour la vue panoramique, mais malheureusement embrumée de la ville.
A quelques 40kms de la ville il y a le Parc Naturel des Montagnes de Laoshan où nous passons une journée à grimper des marches de granit, décidément les chinois ne connaissent pas les sentiers forestiers de montagne. On s'était pourtant juré de ne plus grimper les escaliers dans les montagnes mais on doit sacrifier à ce qui est paraît-il un incontournable pour celui qui vient ici.

 

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Laoshan.

 

       La vue depuis les sommets est magnifique malgré qu'elle soit estompée par les brumes de chaleur et le massif montagneux est agrémentée de sites historiques tels que temples et pavillons avec chacun leur histoire propre. L'endroit est par ailleurs très réputé si l'on en juge par le nombre de touristes qui le visitent. On a encore les mollets tétanisés à la fin de cette journée de randonnée dans la nature qui est ma foi fort belle. On traverse au retour des villages de pêcheurs sur la côte rocheuse. On va reprendre demain midi un vol pour Nanchang après un dernier tour sur une des plages de Qingdao.

 

 

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                                                                                                             Du 9 au 13 août 2012

              Sur l'île de Hainan

 

 

        Encore un long week end que nous allons passer à l'extrême sud de la Chine, sur l'île de Hainan. Cette île, surnommée "La Queue du Dragon" marquait et marque toujours la limite sud de l'empire du milieu, est aussi appelée "l'Ile des cocotiers". C'est une île au climat tropical, avec des paysages de montagnes, de forêts et de plages de sable fin. Le tourisme s'y développe à grande vitesse et nous évitons Sanya, au sud de l'île, ville balnéaire nouvelle qui est le lieu de villégiature des chinois "nouveaux riches" et des touristes russes argentés. On préfère Haikou au nord de l'île qui est plus calme et plus authentique et qui a une histoire millénaire.

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                                        Au Temple Wu Gong sur l'île de Hainan.

 

     Hainan était le lieu d'exil des personnes importantes, politiques ou lettrés, qui avaient eu l'heure de déplaire au pouvoir impérial. La visite de la ville nous réserve quelques beaux monuments tels la tombe de Hai Rui, un ministre incorruptible et soucieux du bien-être du peuple (rare même de nos jours), en disgrâce sous les Ming, ou le temple dédié aux cinq lettrés bannis ici pour avoir critiqué le gouvernement autocratique de l'empereur. Les rues de la vieille ville recèlent encore des maisons à l'architecture coloniale datant du début du siècle dernier. Le Parc du peuple est l'endroit très fréquenté le week end, où les gens viennent pour se divertir en groupe, chanter, danser, faire du sport ou simplement se promener. On a pu y assister à un opéra chinois.

 

Opera chinois au Parc du Peuple

 

                                               Opéra chinois au Parc du Peuple.

 

       On s'est promené sur les plages de sable fin qui s'étendent à l'ouest de Haikou et je me suis baigné dans la Mer de Chine du Sud sans craindre et entendre les jet skis comme à Sanya. En plus du lot habituel de temples, de parcs et de musées, on a eu l'occasion de voir des fauves dans une réserve dans la jungle (nos amis chinois ont dû faire une razzia dans une savane africaine, vu le nombre de lions et de lionnes dans cette réserve) et on a encore gravi 222m de marches pour atteindre le sommet d'un volcan (éteint) et jeter un oeil dans le cratère envahi par une végétation tropicale luxuriante.

 

Haikou

 

                                                                                    Haikou.

 

       Comme rien n'est parfait, la météo n'est pas au beau fixe. Il fait très chaud et il y a une humidité maximum qui fait que nous sommes trempés après dix minutes au-dehors. Nous sommes en pleine saison des pluies et si nous avons évité les typhons, nous avons essuyé une bonne averse quotidienne en milieu d'après-midi, l'une nous servant de douche après la baignade dans la mer. Mais on ne se plaint pas, cela aurait pu être pire et nous n'avons pas eu le désagrément d'un retard ou de l'annulation de notre vol de retour à Nanchang.
Au boulot, les prochains jours vont être chargés, on doit entrer dans la phase de démarrage des unités.

 

 

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                                                                                                                 27 septembre 2012

            Dernières news de Nanchang

 

 

     Mon contrat se terminant à la fin de ce mois de septembre, on m'a proposé de le rallonger jusqu'à fin juin 2013. Après mûre réflexion, j'ai accepté de le reconduire jusqu'au 31 décembre 2012. A la suite de quoi, nous reprendrons notre boucle autour du monde. Mon travail et mon contrat devant s'achever juste à la période propice pour repartir, la saison de la mousson sera remplacée par la saison sèche en Asie alors qu'actuellement Bangkok en Thaïlande est de nouveau sous la menace des inondations. J'ai dejà démarré un atelier au printemps, je viens de démarrer le deuxième et en ai fait le test run avec succès, il est réceptionné et le produit fini est qualifié pour les clients.

 

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        L'équipe (pléthorique) de démarrage de l'atelier des émulsions

 

          Pour le troisième atelier, plus complexe, le démarrage est retardé, il y a eu beaucoup de problèmes liés au matériel et leur résolution va prendre un certain temps car soit les fournisseurs se font tirer l'oreille pour remplacer le matériel défectueux, soit les délais sont très longs. J'espère encore pouvoir surmonter ces difficultés d'ici la fin de l'année et démarrer cette unité avant de partir. Mais de toutes façons les procédures sont écrites et validées, le personnel formé, les essais dynamiques possibles effectués, ils seront capables de démarrer sans moi, au besoin il y a des collègues qui restent, d'autres unités n'étant encore pas prêtes. Quoi qu'il en soit, ce fut une expérience très enrichissante sur le plan humain tout d'abord et sur le plan professionnel ensuite bien que sur ce point de vue je n'en ai plus vraiment besoin.
Il faut bien dire aussi qu'en plus de l'avantage financier non négligeable, ce stop-over professionnel nous aura permis de vivre la Chine de l'intérieur et de la parcourir en long, en large et en travers comme peu de chinois et encore moins de touristes ont pu le faire, sans compter qu'on y avait notre base arrière de Nanchang bien pratique pour la visiter ainsi que les pays limitrophes comme le Vietnam, le Cambodge et le Laos et aussi Taiwan, Hong Kong et Macao, pour lesquels les chinois continentaux ont besoin d'un permis de voyager et les touristes d'un visa pour rentrer en Chine.
C'est pourqoi on va profiter des vacances de la Fête Nationale pour effectuer un voyage dans le Xinjiang, le nord-ouest de la Chine, dans les traces de l'ancienne Route de la Soie empruntée il y a bien longtemps par Marco Polo. C'est en voyant des photos de cette région peu fréquentée aujourd'hui que j'ai eu envie d'en connaître plus sur cette contrée et les peuples qui y vivent. J'espère que mon attente ne sera pas déçue. 

 

 

 

    Du 28 septembre au 16 octobre 2012  

                                     

 

             Du Gansu au Xinjiang, sur la Route de la Soie

 


             Jiayuguan, Gansu 

 

      On arrive dans la soirée à Jiayuguan, province du Gansu, après deux vols avec escale à Xi'an et deux retards cumulés de deux heures sans explications. Jiayuguan est une ville très industrialisée avec des aciéries et des centrales électriques, mais elle est surtout connue pour le fort qui contrôlait le passage entre les montagnes qui l'entourent. C'était la frontière de l'ouest de l'Empire du Milieu, au-delà étaient les "barbares". La Grande Muraille s'arrête là. Le fort de Jiayu Pass était une défense stratégique de premier plan pour barrer la route aux envahisseurs potentiels successifs, Huns, Mongols, Tartares...On peut visiter la résidence du général qui commandait la forteresse, un temple dédié à Guandi, dieu de la guerre et même le théatre pour divertir la garnison.

 

 Le fort de Jiayu Pass

 

                                                                  Le fort de Jiayu Pass.

 

         Le fort situé dans un cadre magnifique et dont la restauration est encore en cours attire beaucoup de touristes. On peut se promener sur les remparts et jouir d'une vue superbe sur les Montagnes de Qilian aux sommets enneigés d'un côté et sur les Montagnes Noires de l'autre. Des spectacles de cirque sont donnés dans la cour de la forteresse et on peut même survoler le site en ULM. Donc Chantal a fait son baptême de l'air en ULM suivi d'un tour à dos de chameau, deux expériences nouvelles dans la même matinée, qui l'eut cru?
Depuis les remparts de chaque côté du fort, on peut suivre les vestiges de la Grande Muraille d'origine qui grimpent sur les contreforts des deux montagnes qui délimitent le "Corridor de Hexi" et qui devaient rendre le fort imprenable. Le Musée de la Grande Muraille attenant retrace l'histoire de cette construction monumentale qui a duré plusieurs siècles.

 

La-Grande-Muraille-surplombant-Jiayu-Pass.jpg

 

                                 La Grande Muraille surplombant Jiayu Pass.

 

      Les vestiges de la dernière tour de guet qui surplombe la falaise de la rivière Laotai au nord de la ville marquent le point le plus à l'ouest de la Grande Muraille qui a été terminée sous la dynastie des Ming au XVIème siècle. Là commence le désert de Gobi qui s'étend jusqu'en Mongolie. On a de la chance, le temps est magnifique, plein soleil et ciel d'azur, mais pas trop chaud, idéal pour visiter la région. Après un temple monastère à flanc de montagne, on peut aussi voir les représentations en statue de pierre des célébrités qui ont emprunté cette partie de la Route de la Soie, dont Marco Polo. Au sud, à une vingtaine de kilomètres de Jiayuguan, on a mis au jour des tombes sous tumulus des époques des dynasties Wen et Jin, entièrement faites d'assemblage de briques et décorées de peitures merveilleusement conservées. Enfin, pour finir, on se promène dans le Parc du Lac de l'Est où les plans d'eau et la verdure doivent apporter une fraîcheur très appréciée durant les caniculaires mois d'été. On se prépare à quitter Jiayuguan après l'incontournable traditionel tour au marché de nuit toujours très haut en couleurs et en odeurs!

 

 

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             Dunhuang, Gansu

 

 

      Un vol saut de puce de 45 minutes plus tard, nous voilà à Dunhuang, en bordure du désert de Gobi. Dunhuang est une grande oasis qui était une étape importante pour les caravanes sur la Route de la Soie. On y trouve des cultures maraîchères et surtout du raisin en abondance. Et en ce moment c'est le temps des vendanges.
L'attraction principale est le site des Grottes de Mogao situé à une vingtaine de km au sud de la ville. C'est un ensemble de plus de 500 grottes creusées dans les parois des Mingsha Shan, les Montagnes des "Sables chantants" par des moines bouddhistes entre le IV et XIVème siècle. Ces grottes abritent des statues et des fresques superbement conservées, sûrement grâce au climat sec du désert. Dans une pagode en bois de 9 étages on peut admirer une statue du Bouddha de 36m. Le site a été aménagé pour les touristes et seuls une trentaine de grottes sont ouvertes au public. Malheureusement, les photos sont interdites et d'ailleurs les grottes sont dans le noir, des guides locaux éclairent les statues et les fresques à la lampe de poche tout en débitant leur commentaires en chinois exclusivement.
On a pu vérifier une fois de plus qu'il n'est pas judicieux de faire du tourisme pendant les périodes de vacances, soit cette semaine de congés de la Fête Nationale, car il semblerait que les chinois ont aussi la bougeotte et se déplacent en masse. Les queues aux guichets des tickets sont impressionnantes et il faut prendre son mal en patience. Les transports et les hôtels sont blindés, les restaurants pris d'assaut et il faut même jouer des coudes pour avoir une place à une table au marché de nuit. Les prix aussi s'envolent et on paye le prix d'un repas dans une gargote en plein air pour celui dans un restau de bonne réputation. Les taxis ne sont pas en reste et vous demandent sans complexe le double du prix d'une course en temps normal, refusant d'enclencher le compteur. J'ai l'impression qu'ils ont très bien et très rapidement intégré la loi du marché, l'offre et la demande ils connaissent...
L'autre lieu qui draine les touristes est le Lac du Croissant de Lune. C'est une oasis minuscule enchâssée entre les dunes de Mingsha, les "Sables chantants" et qui se situe à peine à 5km du centre ville.

 

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                                                      Le Lac du Croissant de Lune.

 

        Pour l'admirer dans son intégralité, nous nous sommes infligé la montée de la Dune de Mingsha, dénivelé de 250m SVP, (la dune du Pilat ne fait que 117m, cela donne une idée de notre performance) avec quelques centaines d'autres courageux. Nous avons même dédaigné les guêtres orange fluo que la plupart avaient enfilé sur leurs chaussures et l'avons gravi pieds nus enfoncés dans le sable fin jusqu'aux chevilles. On regrettera que le soleil n'était pas de la partie et ne s'est montré que très parcimonieusement ce matin-là. Mais la vue de là-haut, en surplombant le Lac du Croissant de Lune, nous a récompensé de nos efforts. La descente est presque aussi sportive que la montée car la pente est raide et il s'agit de ne pas glisser dans le sable fin et de dévaler jusqu'en bas. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne refera pas l'ascension dans la foulée... Au pied de la dune, des centaines, OUI...des centaines de chameaux sont à la disposition des touristes pour une promenade dans les dunes. Autant dire que c'est une noria incessante de camelidés qui tourne en rond avec leur cavaliers et leur guide. On peut aussi survoler les dunes en ULM ou en faire le tour en quad.
Pour notre part on a tenté d'échapper à la foule en allant passer une journée dans le désert de Gobi. Super pour les paysages mais raté pour la tranquilité car là aussi il y a du monde et il faut faire avec et être patient pour pouvoir prendre une vue sans une personne faisant le V des deux mains (? c'est une manie systématique quel que soit le monument en question, je l'ai vu faire même près des tombes) devant le sujet que vous voulez photographier. On a pu quand même profiter de l'immensité du désert, voir les étonnantes concrétions rocheuses de Yadan façonnées par l'érosion et quelques vestiges datant de deux millénaires. Dans la vieille ville de Dunhuang cohabitent de vieilles maisons traditionnelles avec des décors pour le tournage des films historiques chinois, le tout entouré par des fortifications et des tours de guet plus vrais que nature.
Comme nous n'avons pas pu avoir de billet de train pour Turpan, nous allons découvrir le bus-couchette pour changer de province et quitter le Gansu pour le Xinjiang.

 

 

 

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             Tulufan (Turfan ou Turpan), Région Autonome du Xinjiang

 

 

 

       Le voyage en bus-couchettes, c'est fait! A tout prendre, je préfère de loin les couchettes molles en train. Dans le bus, les couchettes superposées et inclinées d'1m60 sont alignées sur 3 rangées, soit 48 places et leur largeur n'excède pas 60cm. Le voyage a duré 11h, avec un check-point de police pour le contrôle des passeports à l'entrée dans la Région Autonome du Xinjiang, et encore des contrôles tous les 100km d'autoroute. On est arrivés à 6h du matin à Tulufan, par chance il y avait un taxi à l'arrêt du bus. On a eu toutes les peines du monde à réveiller la réceptioniste de l'hôtel qui dormait derrière le comptoir sur un lit de camp. De plus, pas un mot d'anglais mais elle a quand même fini par nous donner la clé de la chambre que j'avais réservé par internet.
Le Xinjiang est le Far-West de la Chine. Xinjiang se traduit d'ailleurs par "Nouvelle frontière". La dépression de Turfan ou Tulufan se situe a 150m sous le niveau de la mer. C'est la ville la plus chaude et la moins arrosée de Chine. La ville elle-même se situe à 80m sous le niveau de la mer. C'est malgré tout une oasis fertile grâce a un réseau ingénieux d'irrigation, les karez, des puits reliés entre eux par des canaux souterrains creusés autrefois par les hommes et entretenus et améliorés au cours des siècles au prix d'un travail harrassant. La culture principale est le raisin, il y en a plus de cent variétés. On en fait du vin mais surtout des raisins secs qui alimentent toute la Chine et au-delà. Au dessus de presque chaque maison traditionnelle en terre cuite il y a une pièce en briques ajourées pour sécher le raisin. La vigne est omniprésente même en ville et des passages et même des rues sont recouvertes par un treillis de vigne grimpante qui forme un tunnel procurant l'ombre et la fraîcheur bienvenue sous ce climat aride. Le melon de Tulufan jouit aussi d'une belle renommée. Tulufan était aussi une étape très connue sur la Route de la Soie Nord et a une histoire deux fois millénaire, les ruines des anciennes cités de Jiaohe et de Gaochang en témoignent. C'est par là que le bouddhisme fut introduit en Chine, les ouïghours de Tulufan ne s'étant convertis à l'Islam qu'au XIVème siècle.

  Le minaret d'Emin

 

                                                                   Le minaret d'Emin.

 

         Un des symboles de Tulufan est le minaret d'Emin, un préfet musulman fidèle à la dynastie des Qing au XVIIIème siècle. L'histoire de Tulufan et du Xinjiang en général est très tourmentée, la région ayant connu les invasions d'Alexandre le Grand à Tamerlan en passant par Attila et Gengis Khan, et les révoltes ouïghoures jusqu'aux luttes récentes du XXème siècle des seigneurs de la guerre. L'architecture régionale s'inspire plus du style arabe que chinois, de même que le style vestimentaire de la population d'origine ouïghoure. La langue et l'écriture ouïghoure cohabitent avec le chinois et beaucoup d'ouïghours ne parlent et n'écrivent que leur langue, d'origine turque. A Tulufan, il y a une très forte majorité ouïghoure et c'est la langue que l'on entend dans la rue. Ici, c'est la viande de mouton sous toutes ses formes qui prédomine, avec les pâtes et le pain en forme de galette ronde cuit au four et les épices d'orient, piment, coriandre, gingembre, curry. On trouve les brochettes (kebabs) à tous les coins de rue et les fruits de saison, raisins, melons, pastèques, pêches, abricots et bien sûr tous les fruits secs.
On est sorti de la ville pour visiter Tuyuk, un village ouïghour à une trentaine de km à l'est de Tulufan, dans la chaîne des Montagnes Flamboyantes qui doivent leur nom au calcaire ocre qui se teinte de couleurs feu aux rayons du soleil. Devant ou dans la cour de chaque maison, à l'ombre, on peut voir un grand lit en bois couvert de tapis sur lequel les gens de la maisonnée, jeunes et vieux, se reposent quand ils en ont envie ou quand la chaleur les pousse à l'indolence. Les grottes de Bezeklik n'abritent plus que quelques fragments de fresques bouddhique, les "archéologues" du début du siècle dernier s'étant chargés de les piller. De même, les momies de la nécropole d'Astana, dernière demeure des familles royales de Gaochang, ont été transférées des caveaux souterrains au musée de Tulufan. Ici, les mosquées remplacent les temples et on se rend vite compte de la différence de culture et de tradition des Ouïghours et des chinois Han. Au marché, ou plutôt au bazar suivant la dénomination locale, on admire la dextérité des fabricants de nouilles à la farine de blé, nouilles appelées lamian en chinois, et on ne se prive pas d'y goûter. En général, la vie est bien moins chère ici qu'ailleurs en Chine, pour ce que nous en avons vu. On mange très bien à deux pour 25 RMB, soit 3 €, les fruits sont moitié moins chers qu'à Nanchang. Finalement, la seule chose qui nous gêne est la poussière, partout présente, et qui déssèche les muqueuses. Qu'est-ce que ça doit être lorsque le vent se lève? Mais cela ne nous empêche pas de consacrer notre dernière journée à Tulufan à flâner dans les rues de la ville et dans le bazar transformé le soir en un immense restaurant a ciel ouvert d'où montent les fumées et les odeurs d'épices des marchands de kebabs.

 

 

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             Wulumuqi (Urumqi), Région Autonome du Xinjiang

 

        Deux cents kilomètres d'autoroute bordée par les cimes enneigées des Tian Shan (Montagnes Célestes) et trois heures de bus plus tard, nous voilà à Wulumuqi (Urumqi). C'est la capitale administrative, industrielle et économique de la Région Autonome du Xinjiang. Urumqi, qui veut dire "Beaux pâturages" en mongol, est une ville relativement récente sans un grand passé historique. Contrairement à toutes les autres villes de la région, c'est une ville à majorité chinoise Han et qui compte près de 2 millions d'habitants. Wulumuqi se classe quand même dans le Guinness des Records comme la ville la plus continentale du monde car la mer la plus proche est à plus de 2500 km.

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                                                Le Musée Régional du Xinjiang.

 

        La visite du Musée Régional du Xinjiang est intéressante pour montrer les spécificités culturelles des différentes ethnies qui peuplent la région qui est quand même grande comme trois fois la France et les momies trouvées dans les tombes éparpillées dans les sites désertiques du Xinjiang. Au Grand Bazar d'Erdaoqiao et autour, lieu très touristique au sud de la ville, on retrouve tout ce que ces différentes minorités produisent comme artisanat avec une prédominance de style turc, et tous les fruits secs et épices possibles et en quantité industrielle. On décide de s'évader de la ville pour aller au Tian Chi (Lac du Ciel), dans les dans les Tian Shan (Montagnes Célestes).

 

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                                                                       Le lac Tian Chi.

 

         Que la montagne est belle quand il fait beau et qu'il n'y a pas la foule des touristes. Le lac Tian Chi est situé à 2000m et est alimenté par les glaciers des Tian Shan dont le plus haut sommet, le Bogda Feng, culmine à 5445 m. Ici c'est le pays des Kazakhs, minorité semi-nomade qui vit chichement de l'élevage de petits troupeaux de chèvres et de moutons qu'ils font paître sur les flancs des Tian Shan. Il y a quelques villages qui essaient de profiter de la manne du tourisme en ouvrant des chambres d'hôtes sous les yourtes traditionnelles. Les touristes chinois en sont férus. Le décor est splendide et se prête à toutes les formes de trekking. Le bord du lac n'est pas bétonné comme souvent, ni même pour une fois trop aménagé. On profite vraiment de la nature sauvage, de la forêt de pins et des pics enneigés, malheureusement que pour une journée car il faut retourner à Wulumuqi pour prendre un vol demain matin pour Kashgar.

 

 

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             Kashi (Kashgar), Région Autonome du Xinjiang

 

        Kashgar, "la Caverne de jade" en langue ouïgoure, située à 1200 m d'altitude, est la ville-oasis carrefour entre la Chine et les pays d'Asie Centrale sur la Route de la Soie. C'était aussi la porte d'entrée ou de sortie, c'est selon, du terrible désert de Taklamakan. Les caravanes des Routes de la Soie nord et sud s'y rejoignaient, c'est ici qu'on échangeait les produits rares et les montures, chevaux contre chameaux. Le coeur de la ville est la Mosquée d'Id Kah sur la place du même nom. C'est la plus grande mosquée de Chine, elle peut accueillir près de 8000 fidèles à la prière du vendredi. Elle date de 1442 mais fut restaurée plusieurs fois.

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                                                                La Mosquée d'Id Kah.

 

        Arrivés le vendredi, on a pu voir des milliers d'hommes converger vers la mosquée pour la prière, et il y en avait qui priaient dans les rues adjacentes sur les tapis déroulés dans la poussière. De chaque côté de la place et de la mosquée s'étirent les rues de la vieille ville, ou plutôt ce qui en reste, qui abritent le Bazar. Car malheureusement, les vieilles maisons ouïgoures typiques avec les balcons et les vérandas en bois ouvragés disparaissent rapidement, remplacées par des clones en briques neuves. Toute la vieille ville n'est qu'un immense chantier dans un nuage de poussière permanent. C'est le prix à payer pour la modernité, mais en y perdant son âme, les voyageurs n' y trouveront pas forcément leur compte. La ville abrite aussi les tombes de plusieurs dignitaires et lettrés musulmans, dont celui d'Abakh Hoja, un religieux qui gouverna la région au XVIIème siècle. Le mausolée d'Abakh Hoja comme celui de Yusup Has Haji est caractéristique du style des édifices religieux d'Asie Centrale, comme ceux qu'on trouve à Tachkent ou à Samarcande, avec des tuiles et des carreaux en faïence bleues et blanches.
Pour le moment, le Bazar de Kashgar est le coeur animé de la ville avec ses échoppes regroupées par corporations et ses restaurants gargotes d'où montent la fumée des brochettes d'agneau ou de chèvre et l'odeur du pain cuit au four.

 

 Dans une rue du Bazar

 

                                                                Dans une rue du Bazar.

 

        Les commerçants et artisans vous hèlent sur le pas de leur porte pour que vous veniez voir leur marchandise. Tout ici nous rappelle plus Istanbul que Pékin, on est vraiment à la croisée de deux mondes. D'ailleurs les hôtels ne désemplissent pas de touristes chinois qui viennent ici pour voir les "barbares" comme des curiosités locales avec leurs us et coutumes si différentes de celles l'Empire du Milieu. Car à Kashgar aussi la grande majorité de la population est ouïghoure et la religion visible est l'Islam. Dans la rue on entend plus parler ouïghour que chinois et les enseignes et les panneaux des noms de rue sont écrits dans les deux langues car les uns ne lisent pas l'écriture des autres et vice versa. C'est un problème avec les chauffeurs de taxi ouïghours pour la plupart et complètement perdus quand on leur présente une carte officielle en chinois et anglais. Nulle part on n'aura vu autant d'étals de boucherie et de barbecues. Ici, végétariens s'abstenir, car on mange du mouton à toutes les sauces et jusqu'à l'os qu'on rogne, on a pu le constater. Ce qui est étonnant aussi, c'est la quantité de fruits et légumes que l'on trouve sur les marchés et les tonnes de fruits secs de toute sorte, sans parler des épices. Après avoir arpenté les bazars et les rues de la vieille ville, visité des tombeaux et des marchés, vu l'immense statue de pierre de Mao sur la Place du Peuple, on goûte au repos au Parc du lac de L'Est pour préparer notre expédition du lendemain au lac Karakul, aux confins du Xinjiang et de la Chine de l'ouest.

 

 

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            De Kashgar au lac Karakul par la KKH, Région Autonome du Xinjiang

 

 

        La Karakoram Highway, longue de 1300 km, relie la Chine au Pakistan à travers la chaîne des Karakoram par la Khunjerab Pass à 4693 m. C'est "l'Autoroute des Nuages", la plus haute du monde, construite en 20 ans par les deux pays et qui a coûté plus de 1000 vies humaines. Elle suit beaucoup le tracé de l'ancienne Route de la Soie. Nous l'empruntons sur 200 km, de Kashgar au lac Karakul situé à 3600 m d'altitude mais elle continue jusqu'au Pakistan en traversant la chaîne du Pamir, le "Toit du Monde". Elle est toujours dangereuse à cause des éboulements de rochers et des glissements de terrain. On s'aperçoit que d'autoroute, la voie n'en a que le nom, ce serait à peine une simple nationale chez nous, mais c'est à son importance stratégique et commerciale qu'elle doit son nom. Autant dire que les paysages sont grandioses, surtout à la lumière de l'aube. Dès que l'on pénètre dans les gorges de la rivière Ghez, on est sous le charme des falaises abruptes dominées par les sommets enneigés tout autour. Et pendant les trois heures du trajet, on fait des rencontres, des bergers Kirghizes avec leurs moutons, des ânes qui paissent au bord de la route, indifférents au traffic des camions, et même des chameaux sauvages qui vous regardent passer placidement.

 

  Au lac Karakul

 

                                                                     Au lac Karakul.

 

         La vue du lac Karakul est magique. Il est dominé par le Mustagh Ata "Père des Montagnes de Glace" qui culmine à 7546 m et se reflète dans ses eaux limpides. On est les seuls touristes, ce qui ne gâte rien, la saison étant terminée et le temps beau mais frisquet, ce qui ne se voit pas sur les photos. On entreprend une randonnée autour du lac quand des Kirghizes d'un village voisin nous invitent à une fête de mariage. Tout le village est mobilisé pour l'occasion, les jeunes dansent avec les mariés tandis que les parents préparent le repas, un yack et un mouton ayant fait les frais de l'évènement. On a tout loisir d'assister au processus de préparation du banquet.

 

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                                        Le marché aux bestiaux du dimanche.

 

         Sur la route du retour, le spectacle est tout aussi splendide avec le soleil éclairant les versants de la montagne. En s'approchant de Kashgar, on croise les gens qui reviennent du marché ou des travaux des champs, on essuie une tempête de sable soufflant du désert du Taklamakan tout proche et qui balaie la route, obligeant le chauffeur à ralentir, à mettre les warnings et les essuie-glaces en route. Heureusement on traverse la zone rapidement et on arrive juste avant la fermeture du marché aux bestiaux qui a lieu tous les dimanches et qui draine tous les éleveurs alentour. C'est là que se vendent et s'achètent les bêtes, moutons, chèvres, vaches, taureaux, yacks, et chameaux (mais pas de cochons), selon un rituel immuable, l'affaire se concluant par une poignée de mains et une main sur le coeur, les billets ayant changé de mains entre-temps. On retourne enfin à notre hôtel après un dîner traditionnel OuÏghour, lamian (nouilles) et brochettes d'agneau. Il faut refaire la valise pour retourner à Wulumqi, seule destination de vol depuis Kashgar.

  

 

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             Retour à Wulumuqi, Région Autonome du Xinjiang

 

      Nous voilà de retour à Wulumuqi pour une après-midi à se promener, le vol pour Nanchang n'étant programmé que pour le lendemain. On monte au promontoire du Parc Hongshan qui surplombe la ville et d'où on jouit d'une vue panoramique jusqu'aux sommets enneigés des montagnes Tian Shan. Les vacances se terminent, hélas.

 

 

                                                                                          2 février 2013

            Adieu Nanchang et la Chine

 

 

       Les meilleures choses ayant une fin, nous voilà proches de notre départ de Nanchang et de la Chine, pour reprendre notre tour du monde que nous avions mis entre parenthèses pendant les deux années et demie que j'ai passées à travailler ici. J'ai renouvelé encore mon contrat pour un mois jusqu'au 31 janvier 2013, je voulais absolument me donner une chance de finir le boulot et finalement dans la dernière semaine j'ai enfin pu démarrer cet atelier, même si ce n'est pas dans les conditions optimales, il reste des ajustements à peaufiner et un gros problème mécanique à résoudre qui prendra quelque temps. J'en suis d'autant plus satisfait que tout s'est déroulé sans incident alors que c'est l'atelier et le procédé réputé le plus "dangereux" de la plateforme Bluestar Silicones aval. Pendant les deux ans et demi de mon travail, je n'ai eu à déplorer aucun incident ni accident sur les trois ateliers dont je me suis occupé depuis la construction jusqu'à la mise en route, aidé en cela par mes responsables hiérarchiques français. Ceux qui ont travaillé en Chine savent ce que cela représente en termes d'investissement personnel en matière de sécurité.

 

                                                                                

 

Avec l'équipe des responsables du WS9.

 

     On fait nos adieux aux collègues et on boucle les malles qu'on va expédier en France. Où l'on se rend compte de ce que l'on peut amasser en deux ans et demie de vie sédentaire,(396kg). C'est avec un pincement au coeur que nous quittons notre petit appartement coquet. On va passer quelques jours à Tang Gu dire au revoir à notre amie Guimei et à sa famille avant de nous envoler pour l'Inde et reprendre notre aventure sac au dos. 
Au diable l'avarice, pour notre dernière nuit en Chine, on s'offre une Premier Deluxe Suite ( telle quelle dans les catégories de réservation ) dans un palace 5 étoiles, le Hilton en l'occurence. Qui sait ce que l'avenir nous réserve!

 

                                                                                   

PS: à mon grand regret je me vois contraint d'arrêter d'alimenter ce blog car je suis dans l'incapacité, faute de temps, de le faire en parallèle avec mes sites qui sont plus faciles à tenir et à mettre à jour au fil de notre voyage. Si toutefois la suite vous intéresse, vous pouvez nous suivre là: http://www.notretour.fr/  

ou là: http://perso.numericable.fr/sipos.a/   

ou encore là: http://antoine.sipos.free.fr/:

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