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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 11:59

 

Laos   laos.png

                                  

  28 au 30 septembre 2011

           Vientiane

 

 

      Un vol de Nanchang à Kunming, porte d'entrée par voie aérienne au Laos depuis la Chine, puis un autre vol court de Kunming à Vientiane, la capitale du pays, appelé autrefois le royaume du "Million d'éléphants". On prend le visa "On arrival", formalité expédiée en dix minutes chrono et au coût de 60 US$ pour les deux visas. Dès la sortie de l'aéroport qui ressemble à un aéroport de province, on est saisi par la chaleur moite de cette période de saison des pluies. Il a dû pleuvoir juste avant notre arrivée car les rues sont détrempées. Mais quel contraste avec la ville et la vie chinoise que nous venons de quitter: on est loin de la foule des rues de Nanchang et de la circulation infernale; pas de klaxons, beaucoup moins de voitures, pas d'embouteillages, des tuk-tuks bariolés hors d'âge et les gens qui sont loin de manifester la même frénésie que les chinois ou même ce qu'on a vu au Vietnam. La ville n'a rien de comparable avec les autres capitales des pays qui entourent le Laos. Ici, on n'a pas vu d'immeuble de plus de 6 étages et il y a beaucoup de vestiges architecturaux de l'époque coloniale française. Beaucoup de rues portent des noms français, il en est de de même des noms des administrations qui figurent aussi dans notre langue sur le fronton des édifices officiels, sous leur intitulé en laotien.

   Tuk-tuks dans les rues de Vientiane

 

                            Tuk-tuks dans les rues de Vientiane.

 

        Quelle surprise le matin quand on est réveillés par le chant du coq à 5h, en plein coeur de Vientiane. Comme nous sommes matinaux, cela ne nous dérange pas mais je m'imagine la tête des touristes lambda habitués à faire la grasse matinée. Cela nous permet de préparer les visites de la journée. En se promenant dans les rues de Vientiane, on se rend compte que le pays n'est pas riche, l'état des rues est très délabré dès que l'on quitte les grands axes. Par contre, on n'est pas dévisagés comme en Chine, on voit que les laotiens sont habitués aux occidentaux et si les conducteurs de tuk-tuk vous proposent leur service, ils n'insistent pas devant votre refus, contrairement à ceux du Vietnam. On enchaîne les visites de temples appelés ici "Wat", le plus célèbre étant le Wat That Luang qui est censé abriter un cheveu de Buddha. Le plus vénéré est le Wat Simuang réputé pour exaucer les voeux. Les temples de Vientiane ont à peine plus d'un siècle car les originaux ont été détruits par les siamois au cours de la prise de la ville au XVIIIème siècle, sauf le Wat Sisaket qui avait eu la chance d'avoir été construit dans le style siamois. Pour les reconstructions, on n'a pas lésiné sur la peinture dorée. J'ai aussi grimpé les escaliers des sept étages du Patuxai, le dernier en colimaçon, l'Arc de Triomphe local, d'où l'on a une vue imprenable sur la ville. On admire encore d'autres bâtiments construits dans le style Lao, dont le Parlement et la nouvelle Préfecture de Vientiane. On va sur la rive du mythique Mékong qui marque la frontière avec la Thaïlande (l'ancienne ennemie Siam). C'est l'artère de communication du Laos qui baigne Vientiane. C'est le troisième jour que l'on va prendre un vol intérieur pour Luang Prabaang dans le nord. Comme l'hôtel où nous sommes descendus nous a enchantés, nous l'avons déjà réservé pour notre dernier jour au Laos quand nous reviendrons à Vientiane dans une douzaine de jours avant de retourner en Chine.

 

 

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  30 septembre au 5 octobre 2011

              

          Luang Prabang

 

 

       C'est après un vol de 45 minutes en ATR 72 que nous arrivons à Luang Prabang, l'ancienne capitale royale du Laos, aujourd'hui classée au Patrimoine mondial de l'humanité. C'est une petite ville de 45000 habitants, autant dire un hameau comparé à un bourg de la Chine, mais elle abrite 37 temples et monastères, les plus importants et les plus riches en histoire du pays. La religion est très présente et chaque quartier a son temple et son monastère avec une école bouddhique très active. La visite de ces temples ou Wats nous occupe deux jours pleins et on n'a vu que les plus réputés. Je me suis levé avant l'aube pour assister au "Sai Bat", l'aumône faite aux bonzes par les habitants dans les rues autour des différents wats. A cette occasion, on essaye d'être aussi discret que possible pour montrer le respect pour cette coutume séculaire. Malheureusement il y a des touristes qui n'ont pas cette retenue, par leur tenue vestimentaire et leur comportement. Il faut dire que Luang Prabang est à juste titre la ville la plus touristique du Laos et cela se voit et se ressent car finalement toute la population étrangère se trouve concentrée dans un périmètre assez restreint, le centre ville touristique où se trouvent les plus beaux édifices, formant une presqu'île au confluent de la rivière Nam Kane et du Mékong.

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                         L'ancien Palais royal de Luang Prabang.

 

      C'est en ce moment la fin de la saison des pluies et par chance on n'a essuyé qu'une grosse averse dans la soirée de notre arrivée. Le soir, l'attraction principale est le marché de nuit, en fait de 17 à 22h, qui se tient dans la rue principale où convergent tous les touristes pour profiter des "bonnes affaires" en artisanat Lao, où prédominent les tissus bariolés des différentes minorités.

 

 

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           Autour de Luang Prabang

 

 

       Luang Prabang peut être le point de départ de nombreuses excursions par route ou par les voies fluviales. On en profite pour sortir de la ville en tuk-tuk, moyen de locomotion local le plus utilisé, pour aller dans les villages environnants voir des ateliers d'artisanat locaux. Après avoir monté un cheval et un chameau mongol, je ne pouvais faire moins que de faire une randonnée dans la jungle à dos d'éléphant Lao. Bon, la gentille bête était conduite par un cornac local, ce qui a convaincu Chantal de monter avec moi. J'avoue que c'est assez impressionnant car on se retrouve assez haut perché et en balancement continu. En plus de leur aspect ludique ces promenades tarifées font partie d'un programme de préservation des éléphants du Laos et permettent de maintenir les éléphants dans leur milieu naturel et dans des conditions bien meilleures que s'ils étaient utilisés pour débarder le bois dans la jungle.

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                                    Randonnée à dos d'éléphant.

 

     L'étape suivante est la remontée du Mékong en bateau pour visiter les grottes de Pak Ou. Encore des volées de marche à monter sous une chaleur étouffante, l'arrivée dans la fraîcheur de la première grotte est la bienvenue. Pendant la navigation, on a admiré le paysage, la vie des villageois sur les bords du Mékong, avec les montagnes en arrière-plan. On visite encore les cascades de Kuang Si, superbe site dans son écrin de forêt tropicale. Le lieu est très connu et couru par les touristes chinois qui viennent de loin pour se baigner dans ses piscines naturelles. Il y a aussi une réserve pour la protection des ours d'Asie et le spectacle de ces plantigrades jouant dans leur enclos est très réjouissant.

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                                       Les cascades de Kuang Si.

 

       Avant de quitter Luang Prabang et sa région, on fait un arrêt dans un village de la minorité Hmong, que nous avons déjà eu l'occasion de rencontrer au Vietnam. On achète du matériel scolaire que nous offrons aux enfants de l'école du village comme nous l'avions fait au Cambodge. On a pu se rendre compte que dès que nous quittons la ville, et sa manne de touristes, le niveau de vie descend de plusieurs crans. Et plus encore celui des villages des minorités isolés dans les montagnes.

 

 

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Du 5 au 7 octobre 2011

 

          Vang Vieng

 

 

        On prend la route qui mène de Luang Prabang à Vang Vieng, située à mi-chemin de Vientiane. C'est une route qui traverse les montagnes de la chaîne annamitique et qui en cette période de fin de la saison des pluies peut être bloquée par des éboulements, des glissements de terrain ou des chutes de pierres, ce qui arrive assez fréquemment. Dans ce cas, il n'y a qu'à attendre qu'on vienne dégager la route, ce qui peut prendre un jour ou deux. On tente notre chance et ça passe. Le bon côté de la chose c'est que les paysages sont sublimes, on passe des cols, on voit des rivières et des torrents, il y a des pics karstiques comme à Guilin en Chine. On voit aussi défiler des villages et là c'est moins réjouissant car on se rend vraiment compte de la pauvreté de la population dès que l'on quitte les abords de la ville.

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                 L'aube sur la Nam Song et les falaises à Vang Vieng.

 

     Vang Vieng n'est qu'une étape sur la route entre Vientiane et Luang Prabang mais c'est devenu le lieu de rendez-vous privilégié des jeunes routards essentiellement anglo-saxons qui apparemment viennent ici pour se défouler. Autant dire qu'ils ne donnent pas dans la dentelle; la bière aidant, ils braillent à travers la ville, garçons et filles dans des tenues légères, écumant les bars et se lançant des défis de vidange de "buckets", des seaux de mélanges alcoolisés. Puis ils se vautrent sur des coussins pour regarder les séries américaines sur les écrans des bars. Il y a quand même une activité sportive, le "tubing", consistant à se laisser dériver sur la rivière qui traverse la ville calé dans une chambre à air de camion, une provision de bières à portée de main dans un sac étanche. Très peu pour nous; on visite quand même quelques grottes et temples mais c' est encore les paysages qui entourent la ville qui retiennent notre attention, les pics et falaises au bord de la rivière Nam Song sur laquelle on fait une petite balade, les rizières et les villages environnants. On dort très mal les deux nuits qu'on passe là à cause des fêtards et des décibels de musique déversés par les bars qui restent ouverts très tard. Pourvu que le reste du Laos ne soit pas contaminé par ces pratiques, ce serait vraiment dommage. En somme, si vous cherchez la quiétude, ce n'est pas à Vang Vieng qu'il faut aller.

 

 

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 Du 7 au 10 octobre 2011

                

           Phonsavan, à la Plaine des Jarres

 

 

      Comme on a décidé d'aller à la Plaine des Jarres, dans le nord-est du pays, on se refait une partie de la route vers Luang Prabang en minibus, avant de bifurquer vers Phonsavan. Ce trajet est aussi une épopée avec des centaines de virages, des précipices, des véhicules en panne au milieu de la route ou des engins militaires en manoeuvre. De plus, le chauffeur prend un malin plaisir à traverser les villages en trombe, alors qu'il y a des enfants qui jouent au bord de la route, ce qui nous met mal à l'aise. Les infrastructures routières font cruellement défaut au Laos (il n'y a pas de train) et les routes existantes sont particulièrement délabrées. D'ailleurs ici on ne compte pas les distances en km mais en heures de route, le tout aléatoire. Après cette expérience, on se jure de ne plus la renouveler et de rentrer sur Vientiane en avion. Malgré tout, les paysages que nous traversons sont grandioses, la nature est superbe et c'est tout aussi beau quand nous quittons enfin les montagnes pour aborder la Plaine des Jarres, en fait une succession de collines avec des rizières d'un vert éclatant et des villages Lao et Hmong traditionnels. La région a beaucoup souffert pendant la guerre du Vietnam et l'aviation US y a déversé plus de bombes que sur toute l'Europe pendant la deuxième guerre mondiale. Les collines sont trouées des cratères faits par ces bombes et il y a même une usine qui en recycle le métal pour en faire des couverts.

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                                        La Plaine des Jarres.

 

        Ce qu'on appelle la Plaine des Jarres regroupe en fait plusieurs sites autour de Phonsavan, nouvelle capitale de la province de Xieng Khouang. Seulement trois sites ont été sécurisés par les démineurs et sont donc accessibles aux visiteurs. Les ethnologues et archéologues n'ont pas encore percé les mystères de l'origine et de la fonction de ces jarres creusées dans la pierre et qui ont été transportées ici, regroupées par centaines, certaines pesant plusieurs tonnes. Servaient-elles d'urne funéraire ou pour des célébrations religieuses? Il n'y a aucune inscription, seule une seule jarre est gravée d'une silhouette humaine. En tout cas le spectacle de ces jarres vieilles de plus de vingt siècles est assez surprenant sur ces collines et ces bois battus par le vent. En faisant le tour de ces sites, nous pouvons encore nous faire une idée de la vie dans les villages Lao et Hmong que nous traversons. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'est d'évidence pas facile. On se promène encore dans les rizières, on visite les marchés très colorés où les paysannes des montagnes alentour viennent vendre leur production agricole et le fruit de leur travail artisanal de broderie, de tissage et de vannerie. On a encore le temps de flâner en ville avant de prendre l'avion pour Vientiane, on préfère ne pas se taper 9h ou plus de cahots brise-reins de la route en bus.

 

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Du 10 au 12 octobre 2011

         Vientiane

 


       Retour à la case départ à Vientiane. Où l'on apprend qu'on a eu une chance inouïe avec la météo car les pays voisins ont connu la catastrophe, les inondations ont ravagé des régions entières de la Thaïlande, du Vietnam et du Cambodge, il y aurait des morts par centaines. On profite de ces deux derniers jours pour visiter, encore, quelques temples et faire un tour sur le quai bordant le Mékong transformé en kermesse, champ de foire et marché permanent pour la fête des bateaux Boun Ork Phansa, fête religieuse très prisée et qui verra couler des flots de lao-lao, l'alcool de riz local dont les laotiens sont très friands. On ne voit que les préparatifs de cette fête car nous avons nos billets de vol de retour pour la veille de ces festivités. Il faut dire qu'on s'est aussi fait plaisir en allant dîner dans des restaurants français dont les chefs ont été formés dans les meilleures cuisines françaises. On s'est forcé pendant quinze jours à manger lao, et nous avons apprécié les laap, plats traditionnels lao, mais l'occasion était trop belle de retrouver des plats de chez nous. Ces repas gastronomiques ne nous auront pas ruinés car les prix n'ont rien à voir avec ceux de France (ou d'Europe). Pour finir, on gardera un très bon souvenir du Laos et de son peuple toujours souriant. Cela devient une banalité de le dire mais ces peuples pauvres de l'Asie du sud-est sont d'une gentillesse hors du commun et ont un sens de l'hospitalité qu'on a du mal à trouver aujourd'hui dans le monde occidental. Bien sûr ça va changer car le Laos s'ouvre au tourisme qui va devenir sa principale source de devises. Mais c'est encore une destination de rêve pour ses sites, sa nature sauvage et sa population, et le tout pour un prix très abordable.

Avec le Laos, nous avons terminé notre "tournée" de l'ex-Indochine française. C'est ici que nous avons trouvé le plus de réminiscences du passé colonial français, et le plus de sympathie pour la France, dû sans doute à l'histoire car nous n'y avons jamais été considérés comme des envahisseurs contrairement au Vietnam ou au Cambodge.
Dans la rubrique "le monde est petit", nous avons rencontré par deux fois à Vientiane et à Luang Prabang des laotiens vivant en France, travaillant à l'usine Peugeot de Mulhouse, à deux pas de chez nous donc. Ils sont venus rendre visite à leur famille durant leur congés payés qu'ils cumulent pour pouvoir rester plus longtemps. On les croisera peut-être plus tard chez Carrefour ou Cora quand nous serons rentrés. Pour l'instant il faut partir et nous allons faire un stop de deux jours à Kunming en Chine avant de retourner à Nanchang.

 

 

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