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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 17:24

 

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01 decembre 2010

           Ho Chi Minh-Ville

 

 

         Lorsqu'on arrive à Ho Chi minh City et qu'on sort de l'aéroport après des formalités de visa et de douane vite expédiées, on est saisi par une chaleur humide tropicale qui nous fait transpirer au bout de dix minutes. On apprendra à l'hôtel via TV5 qu'une bonne partie de l'Europe de l'ouest est bloquée à cause de la neige et grelotte de froid. On ne se plaindra pas trop de notre sort. Le temps de retirer de l'argent à un ATM pour payer le taxi et nous voilà devenus millionaires, le change est de 26500 dongs pour 1 €. On arrive à notre hôtel à 2h du matin pour s'écrouler sur notre lit. Mais nous sommes sur pieds à 8h et on part à l'assaut de Ho Chi Minh City (Saigon) après un super bon petit-déjeuner. On est étonnés par la multitude des scooters qui circulent ici. Il paraît qu'il y en a 4 millions dans la ville, je ne les ai pas comptés.C'est une noria sans fin mais les motocyclistes portent tous un casque et semblent plus disciplinés que les chinois de Nanchang en particulier. Il y a beaucoup moins de voitures mais l'atmosphère est quand même polluée avec les arrêts-redémarrages de toutes ces machines à chaque coin de rue, feux rouge obligent.

 

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                                        La déferlante des scooters.

 

       On admire des maisons coloniales, certaines rénovées et des bâtiments datant de l'administration française comme la Poste Centrale, oeuvre de Gustave Eiffel ou l'ancien Hôtel de Ville, le Théatre municipal, etc... Quelques rares rues portent encore leur nom français comme celle en hommage à Pasteur. On visite le palais de la Réunification, palais présidentiel jusqu'à la prise de la ville alors capitale du sud-Vietnam, par l'Armée Populaire de Libération en 1975. Les chars qui ont défoncé les grilles à cette occasion campent encore dans le parc. Ce sont des pages d'histoire qui me reviennent en mémoire, on a suivi ces évènements quasiment en direct à la TV, à l'époque c'était encore le temps des reporters de guerre free-lance, et pas des pools de "journalistes accrédités" comme pour les guerres d'Iraq ou d'Afghanistan aujourd'hui. On a revu aussi les hôtels mythiques de "Saigon" comme le Majestic, le Rex ou le Continental qu'on voyait aussi pendant les actualités sur la guerre du Vietnam.
Ce qui distingue aussi l'ex-Saigon c'est qu'il n'y a pas encore de Mc'Do ou de KFC à chaque coin de rue comme dans les autres métropoles. Dans les rues il y a d'innombrables échoppes d'alimentation et de restauration. On n'a pas vu non plus beaucoup de grands magasins, peut-être attendent-ils que le pouvoir d'achat moyen augmente pour s'implanter. Ce qui est gênant pour le touriste moyen comme nous, c'est d'être sans cesse sollicité par des colporteurs qui veulent absolument vous vendre quelque chose. Malheureusement, ici comme ailleurs, le bétonnage a commencé et on voit apparaître des buildings modernes au dessus des maisons des quartiers anciens. Le soir, nous nous sommes promenés dans Ben Thanh Market puis sur le marché des rues environnantes avant de dîner (très bien) dans un restaurant vietnamien traditionnel.

 

 

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             Dans le delta du Mékong

 

 

       Encore un rêve qui se réalise, après tous les reportages qu'on a pu voir, naviguer dans le delta du fleuve Mékong et constater de visu qu'il y a un peuple de l'eau qui ne vit que par et pour le fleuve qui traverse six pays de l'Asie du sud-est. Après un voyage éprouvant en bus vu l'état de la route, nous avons rejoint la ville de My Tho où nous avons embarqué sur un petit bateau à moteur. Le Mékong est l'artère nourricière de cette région et le limon fertile qu'il charrie permet aux paysans vietnamiens de faire trois récoltes de riz par an, sans compter les fruits qui poussent généreusement grâce au climat tropical. Nous avons pu visiter deux îles dans le delta, dont l'île de la Licorne qui est submergée régulièrement par les crues du grand fleuve mais où les paysans restent pour profiter de ce limon fertile. Le fleuve est parcouru sans cesse par des dizaines de bateaux et de barges de toutes taille qui transportent des marchandises et des matériaux pour la construction.

 

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                                         Au delta du Mékong.

 

      Sur ces îles du delta vivent des familles de pêcheurs qui essaient de profiter de la manne des touristes en développant un artisanat local et en faisant perdurer les traditions propres du peuple vietnamien, l'hospitalité et la gentillesse, toujours accompagnées d'un sourire. Cette journée sur l'eau s'est terminée à la nuit tombée après la remontée en bateau de la rivière de Saigon depuis le delta du Mékong, pour revenir à Ho Chi Minh-City. Pour moi la journée n'est pas finie car il faut que je trie et charge mes photos et rédige cet article.

 

 

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             Sortie dans la province de Tay Ninh

 

 

       Journée de voyage en bus qui commence par la visite d'une fabrique d'objets d'artisanat faits par des handicapés victimes de la guerre. On voit que certains ont de véritables talents d'artistes en peinture, poterie ou sculpture. C'est une entreprise d'état et c'est le gouvernement qui gère et s'occupe de la formation de ces personnes dont l'amélioration de la condition de vie dépend directement du tourisme. La visite suivante change de registre puisqu'il s'agit du complexe de la religion Cao Dai à Tay Ninh. Un ensemble de cent hectares appartenant à la communauté de cette religion, on dirait chez nous une secte, fondée au début des années 1920 et qui compte toujours des adeptes malgré les vicissitudes politiques qu'a connu cette région. Il fait un temps ensoleillé et les couleurs de la cathédrale-mosquée-pagode sont éclatantes. Le propre de cette religion est d'emprunter leur philosophie à toutes les autres ce qui en fait un patchwork de toutes les croyances. On peut même assister à une messe ou cérémonie avec des rites et un protocole très hiérarchisés. Pour nous, cela nous a paru plûtot kitsch et d'un goût douteux, mais on admettra que les religions, c'est comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas!
      Ce qui m'a interressé le plus, c'était l'après-midi passée sur le site historique des tunnels de Cu Chi.

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                                         Les tunnels de Cu Chi.

 

      Un réseau sophistiqué de plus de 200 km de tunnels construit en 15 ans et qui a servi pendant toute la guerre du Vietnam pour tenir en échec l'armée la plus puissante du monde. On est confondu par l'ingéniosité déployée par les vietcongs mais aussi par leur abnégation à supporter pendant des jours et des semaines une vie souterraine non exempte de dangers mortels tels que les bombardements, la découverte de leur cache par les adversaires ou une catastrophe naturelle comme un éboulement ou l'inondation des galeries par la rivière Saigon toute proche; une toute petite portion de ce réseau a été aménagée pour être visitée par les touristes qui ne sont pas rebutés par l'atmosphère angoissante qui règne dans ces boyaux sous terre; il ne faut pas être claustrophobe! La vérité oblige à dire que cette partie a été élargie pour permettre aux touristes occidentaux d'y circuler, même difficilement, car les dimensions originales n'étaient pas conçues pour des gabarits comme les nôtres, le mien en particulier, qui doit faire le double de celui du vietcong moyen d'époque.
Le retour à Ho Chi Minh-City a été tardif car nous avons eu droit à un embouteillage monstre à l'entrée de la ville, les voitures et les motos étant enchevêtrées dans un cafouillis inextricable sans l'intervention de la police arrivée sur les lieux après plus d'une demi-heure de blocage complet de la circulation. On a terminé la soirée en allant manger le Pho, la soupe aux nouilles traditionnelle vietnamienne dans le restaurant à côté de Ben Thanh Market que le président Bill Clinton a honoré de sa visite en l'an 2000.

 


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  05 au 06 décembre 2010

           Nha Trang

 

 

      Première fausse note de ce voyage, nous arrivons à Nha Trang sous la pluie après un vol retardé d'une heure pour cause d'intempéries, orages violents dira le pilote de notre avion bloqué sur le tarmac de Ho Chi Minh-City. En plus, la ville est à presque une heure de taxi de l'aéroport par une route défoncée. A chaque cahot, le chauffeur nous lance un "Vietnam!" rigolard. Nous arriverons à l'hôtel au crépuscule.

 

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                                           Nha Trang, jour de tempête.

 

En chemin, on aperçoit des dunes de sable clair, la baie de Nha Trang avec les bateaux de pêche amarrés et la plage qui borde le front de mer. Malgré le temps exécrable, il y a quelques jeunes dans l'eau et d'autres qui jouent au foot sur la plage. L'endroit doit être super par beau temps, mais ce n'est pas notre jour et je n'ai prévu qu'un arrêt d'une journée avant de reprendre un vol pour Da Nang et de rejoindre Hoi An. On doit être les seuls clients de l'hôtel et les premiers de la "haute saison", bien qu'on ait croisé quelques étrangers en nous promenant sous la pluie le long de la mer. On n'a plus qu'à se consoler en allant manger d'excellents fruits de mer dans un des nombreux restaurants bordant la plage et où le personnel est beaucoup plus nombreux que la clientèle.

 


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06 au 08 décembre 2010

          Hoi An

 

 

      La première surprise en arrivant à Hoi An est l'accueil dans l'hôtel choisi sur internet: hôtesses souriantes, chambre meublée à l'ancienne avec balcon donnant sur les rizières, fleurs fraîches et pétales de fleurs sur le lit. Chantal est enchantée. On va tout de suite se promener dans les rues pour constater que Hoi An est une belle ville à taille humaine, avec très peu de voitures (mais toujours des motocycles). Il n'y a pas un immeuble de plus de trois étages dans la vieille ville. L'influence coloniale française est visible à travers les maisons des différents quartiers, on peut en visiter quelques-unes ayant appartenu à de riches commerçants. C'est au port de pêche situé sur la rivière Thu Bon qu'on peut voir les bateaux qui vont appareiller dans la soirée pour descendre la rivière, rejoindre la mer et revenir le matin pour approvisionner le marché.

 

  Le port

 

                                                   Le port.

 

      Le lendemain matin nous nous rendons de bonne heure au marché le plus animé et le plus typique que nous ayons vu. Les vendeuses et les clientes avec leur chapeau conique s'interpellent, les unes retenant le chaland, les autres s'enquérant des prix. On se rend compte que le poisson est l'aliment de base, il y en a des tonnes, et moi qui ne suis pas un expert en la matière, je n'en reconnais pas beaucoup. Il y a aussi des crustacés et des coquillages ainsi que tous les légumes et fruits qui poussent ici, et il y en a beaucoup, sans compter les volailles et même des porcelets. C'est un marché haut en couleurs fréquenté par toute la population locale.
On part en excursion dans la jungle sur le site archéologique de My Son où se trouvent les vestiges de la civilisation Cham du royaume de Champa. C'est un lieu sacré qui fut le centre religieux et politique du royaume de Champa du IIème au XVème siècle, situé au milieu d'une cuvette entourée de collines. Ce sont des tours d'influence hindoue et bouddhique et on peut encore en admirer les bas-reliefs. L'endroit a souffert des guerres qui ont causé la perte du royaume de Champa, mais surtout de celle contre les américains, les bombardements des B52 furent destructrices. Mais ces ruines ont quelque chose de magique dans le cadre grandiose de cette jungle.
Nous visitons aussi des temples qui ont été bâtis par des congrégations d'origine chinoise, un ravissant pont japonais du XVIème siècle qui enjambe un canal et relie deux quartiers, et d'innombrables boutiques. Ici l'activité principale est le textile, on peut se faire faire une chemise ou un costume sur mesure en moins de deux jours. On est aussi sollicité par les marchands de souvenirs, les pousse-pousse et les restaurateurs, mais sans agressivité. Nous goûtons les spécialités locales fort succulentes à base de poisson et des nems aux crevettes et au crabe dont on ne se lasse pas. Mais il faut partir et nous prenons le bus pour Huê. Hoi An restera pour toujours un très beau et bon souvenir de voyage.

 


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08 au 10 décembre 2010

           Huê

 

 

        5h de bus pour parcourir les 140km entre Hoi An et Huê, l'ancienne capitale impériale du Vietnam. Ca commence bien, l'entrée du tunnel qui passe sous la montagne après Da Nang est bloquée (accident?) et nous devons passer par les cols; le bus escalade péniblement le Col des Nuages qui porte bien son nom, nous sommes dans un crachin très épais, on est un peu inquiets quand on croise d'autres véhicules dans les épingles à cheveux, surtout lorsqu'on a amorcé la descente. Mais finalement nous arrivons à bon port et on va entamer la visite de Huê dès qu'on a posé nos affaires à l'hôtel. La Rivière des Parfums n'est qu'à quelques centaines de mètres, nous la traversons par le pont Trang Tien pour aller au grand marché Dông Ba. C'est un immense capharnaüm très animé et pittoresque où les marchandises s'entassent jusqu'au plafond dans de minuscules boutiques, et où règne un brouhaha ininterrompu. Le marché aux fruits et légumes, poissons et viande est très coloré, avec les odeurs en plus. On revient à notre hôtel après une promenade dans les rues avoisinantes. Les jours suivants sont chargés avec la visite de la Citadelle qui entoure la Cité Pourpre Interdite, s'inspirant de la Cité Interdite de Pékin, mais en piteux état.

 

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                                               La Citadelle.

 

        Les guerres contre les français et les américains sont passées par là avec leur lot de destructions, la partie de la Cité Impériale a été quasi détruite par les bombes. Seul le palais du Trône a échappé à la destruction et a été restauré. La reconstruction des autres parties est en cours mais on se rend compte que le Vietnam n'a pas les moyens de la Chine pour les chantiers de rénovation. Et pourtant ces monuments datent de moins de deux siècles. Il n'en reste pas moins que le mur d'enceinte de la Citadelle et la porte principale du Midi sont impressionnants avec une épaisseur qui voisine les vingt mètres. Il y a des espaces verts et des jardins superbement entretenus et les larges douves maintiennent une fraîcheur très agréable.
Un peu après, une maison traditionnelle s'inspirant de l'architecture Chinoise nous plaît aussi avec son jardin ombragé orné de plantes et d'arbres tropicaux. L'intérieur tout en bois et le mobilier de style sont de toute beauté et témoignent du bon goût du "mandarin" (aristocrate, dignitaire), ancien propriétaire de cette demeure.
On visite ensuite des tombes impériales qui jalonnent les rives de la Rivière des Parfums. Ce sont des mausolées-palais situés dans des parcs avec des lacs et des jardins qui incitent à la promenade et la méditation. Les bâtiments sont à l'image de l'empereur qui les a commandés, allant du classicisme de style chinois au style baroque et kitsch le plus mégalo.
On se rend ensuite à la pagode de Thien Mu ou le culte bouddhiste est maintenu par des bonzes qui y vivent chichement de la générosité des fidèles. Le jardin abrite des plantes d'essence rare et une belle collection de bonsaïs. Le soir, on se promène encore dans le quartier de notre hôtel pour voir vivre les habitants de cette ville provinciale où la vie est moins trépidente qu'à Ho Chi Minh-City. Nous allons continuer notre remontée vers le Nord du pays, en prenant un vol pour Hanoi.

 

 

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10 au 12 décembre 2010

          Sapa

 

 

       Un bref passage par Hanoi avant de prendre un train de nuit pompeusement baptisé "Orient Express Vietnam" qui n'a d'express que le nom puisqu'il s'arrête dans toutes les gares pour permettre aux trains de se croiser. Il n'y a en effet qu'une ligne de chemin de fer à une seule voie au Vietnam, encore un vestige de la colonisation française. On arrive de bonne heure à Lao Cai pour enchaîner avec un trajet d'une heure en minibus vers Sapa, située à 1600m d'altitude où nous sommes rattrapés par la pluie ce qui va nous gâcher considérablement la journée. On avait en effet prévu un trekking d'une quinzaine de km pour visiter les villages des minorités ethniques et les rizières en terrasse qui font la renommée de la région. Le temps de faire le check-in à l'hôtel et de prendre le petit-déj., nous voilà partis sous une pluie battante.

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                                              Femme H'mong

 

      Une fois quitté la route goudronnée, le chemin devient glissant car pavé de pierres plates et de passages boueux. nous ne tardons pas à faire connaissance avec des femmes et des jeunes filles du cru en costume noir traditionnel H'mong, car nous sommes vite assaillis en tant que touristes bons à traire. Elles ont toutes quelque chose à vendre et parlent quelques mots d'anglais et même de français. Elles nous suivent un bon moment avant qu'on arrive à s'en débarrasser en finissant par leur acheter quelque chose. Lorsqu'on voit leurs conditions de vie, on comprend cependant pourquoi elles cherchent à améliorer leur existence par quelques suppléments de revenus glanés auprès des touristes. Malheureusement les rizières restent plongées dans la brume et cette période pré-hivernale n'est pas la plus intéressante pour les couleurs qui sont vertes de mai à juillet et jaunes d'août à septembre, période de la moisson. Par contre, la végétation sauvage est bien verte et les bambous s'élancent allègrement vers le ciel. Ici, ce n'est pas l'eau qui manque, nous nous en apercevons en atteignant le fond de la vallée où coule une rivière aux flots impétueux alimentée par une grande cascade qui a d'ailleurs donné son nom au village, Cat Cat, par déformation de l'appellation "cascade" donnée au lieu par les français. En été, le paysage doit être sublime. Nous entamons la remontée complètement trempés mais sans regrets.

 

 

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           Bac Ha

 

 

       Encore de la pluie quand nous reprenons un minibus pour nous rendre à Bac Ha, au nord-ouest du Vietnam. Un voyage de près de trois heures sur une route de montagne sinueuse et cahotante. C'est dimanche, jour de marché pour les minorités qui vivent ici. L'animation est grande et le marché est vaste, on y trouve tout ce dont on a besoin en fruits et légumes, des tissus et des vêtements, et surtout les articles ménagers de base pour faire vivre la maisonnée. C'est pour cela que ce marché est très prisé des autochtones, les habitants descendent de la montagne pour s'approvisionner en produits de première nécessité et repartent l'après-midi. Il y a une très nette majorité de femmes qui viennent également ici pour vendre le produit de leur travail artisanal de broderie.

 

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                                        Jour de marché à Bac Ha

 

      Ce qui étonne bien sûr, ce sont les couleurs chatoyantes des costumes des femmes et des jeunes filles des minorités ethniques du nord du pays qui fréquentent le lieu. Il y plusieurs minorités, qui se distinguent par la langue, différence qui n'est pas accessible pour le profane, et les costumes, ce qui est plus visible pour nous. Les H'mong (ou Miao ou Mèo) sont ici le groupe dominant, et se subdivisent eux-mêmes en H'mong Blancs, Noirs, Fleuris, Rouges et Verts en fonction de la couleur des costumes des femmes et des dialectes utilisés. Mais il y a aussi les Dzao (ou Dao ou Yao ou Man), le néophyte s'y perd. Heureusement nous avons notre guide pour nous donner quelques explications sur les us et coutumes de ces peuples.
L'après-midi, nous visitons la maison d'une famille de fermiers H'mong dans le village voisin de Ban Pho. Autant dire que c'est minimaliste. Trois générations vivent dans une maison aux murs de torchis sans aucun confort sanitaire, la cuisine se faisant dans un foyer à même le sol, sans eau courante. la scolarisation ne touche que 3% de la population, ils ne sont encore pas entrés de plein-pied dans l'ère moderne. Pour couronner le tout après avoir vu tant de misère, c'est dans la cour de cette ferme que je m'étale de tout mon long sur le sol détrempé par la pluie ininterrompue qui tombe depuis plusieurs jours. Sans aucun mal, c'est de la terre glaise qui amortit bien la chute, mais il y du boulot pour nettoyer mon sac et l'appareil photo que j'avais à la main. Les habits ne seront changés que dans le train qui doit nous ramener cette nuit à Hanoi.

 


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13 au 14 décembre 2010

 

         La baie d'Halong

 

 

       On arrive à Hanoi à 4h00 du matin, l'agence où nous avons réservé le trajet et le séjour à la baie d'Halong n'ouvre qu'à 7h00. Nous avons donc tout loisir de voir la ville s'éveiller, même si ce n'est pas Paris. On peut voir les premiers travailleurs matinaux s'affairer, les premiers scooters passer, la dame du parking des motos prendre son poste sur le trottoir et les petites gargottes-restos se mettre en place pour accueillir les premiers clients. A 6h00, on peut enfin aller prendre notre petit-déjeuner dans un grand hôtel voisin qui vient d'ouvrir. Super petit-déj. buffet, avec une vue imprenable du 14ème étage sur les toits de Hanoi. On part enfin pour la baie d'Halong, encore dans un minibus bondé, mais on a l'habitude. C'est un voyage de 4h30' avec un arrêt rituel dans une fabrique de souvenirs pour touristes, ce qui n'enlève rien à la beauté des broderies et des peintures faites par des personnes handicapées.
Dès qu'on arrive dans la baie d'Halong, la magie du lieu opère, bien qu'on l'ait vu sous toutes les représentations et les reportages possibles. Il y a bien sûr l'habituelle cohorte de touristes en attente d'embarquer sur les bateaux-jonques-hôtels. Nous allons sur le Poseidon, un bateau-jonque trois-mâts et trois ponts de la classe de luxe, avec dix cabines. On est en plus agréablement surpris de se retrouver dans une cabine du pont supérieur superbement aménagée. Voilà qui réconcilie Chantal, qui n'a pas le pied marin, avec la croisière en mer. Dès le départ, le paysage devient vite féerique. Il y a plus de 2000 îles qui émergent dans la baie d'Halong et s'étendent sur des des centaines de kilomètres, concrétions rocheuses karstiques qui me rappellent les paysages de Guilin en Chine, mais avec la mer en plus. Ces îles sont découpées par l'érosion du vent, des pluies et de la mer. Elles abritent des cavités, des grottes et des tunnels dont certaines qu'on peut visiter.

 

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                                           A la baie d'Halong

 

      Après avoir quitté le port passablement encombré, on se retrouve assez vite isolés à voguer au milieu de ces îles sauvages et déchiquetées. Certes on croise d'autres bateaux et des pêcheurs mais rien qui vient troubler la plénitude de l'endroit qu'on ne se lasse pas d'admirer du haut du pont-terrasse. L'équipage est aux petits soins pour nous et la cuisine excellente. Dans l'après-midi nous accostons près d'une île qui abrite la grotte de la Surprise, en fait trois énormes grottes en enfilade où on comprend que l'île est quasiment creuse. Ensuite séance sportive et récréative, il faut bien occuper les touristes, kayaking autour de l'île. Il a d'abord fallu convaincre Chantal d'essayer, ce n'était pas gagné, mais finalement on a réussi à faire quelques ronds dans l'eau. Le soir, le capitaine a jeté l'ancre au milieu d'îles aux formes sensées rappeler des dents de dragon, et nous avons passé une nuit très agréable sans cauchemars. C'est après le petit-déjeuner du lendemain que nous abordons l'île de Cat Ba, à une quinzaine de kilomètres au sud de la baie d'Halong.

 


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14 au 16 décembre 2010

               

          Cat Ba et Monkey Island

 

 

      L'île de Cat Ba est la plus grande de l'archipel du Golfe du Tonkin et elle abrite le premier Parc National du Vietnam, vaste réserve naturelle destinée à protéger la flore et la faune. On peut y voir des chèvres sauvages sur les flancs des pics rocheux et la diversité de la flore est très variée. Il y a aussi de belles plages mais elles ne résisteront pas à l'afflux des touristes, le bétonnage du littoral bat son plein et les hôtels poussent comme des champignons. On a entrepris l'ascension du piton rocheux Kim Giao surmonté d'un belvédère mais j'avais présumé de mes forces et j'ai dû abandonner à ma grande honte aux deux tiers de la montée très raide. Je pense que je suis parti trop vite et je n'ai pas pu récupérer mon souffle assez vite car le temps était compté pour retourner au bateau. Je n'ai pas insisté non plus par peur d'un accident vu l'escarpement, ce qui pouvait gâcher la suite de notre voyage, ayant encore à l'esprit ma chute deux jours plus tôt. Chantal n'a pas voulu continuer toute seule et nous sommes redescendus mais j'ai gardé un sentiment de frustration pendant un bon moment.

 

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                                            Monkey Island

 

       Après l'île de Cat Ba, on appareille pour une autre île, Monkey Island. En chemin, on prend en remorque une petite embarcation dont le moteur est tombé en panne. A l'arrivée sur l'île, nous prenons nos quartiers dans un bungalow face à la plage. C'est une île privée dédiée à l'accueil des touristes. Notre bungalow est spacieux avec des sanitaires très corrects, il n'y a que l'eau chaude qui n'est disponible que très ponctuellement. C'est très agréable car la capacité d'hébergement sur l'île est pour l'instant d'une dizaine de bungalows, soit 20 à 25 personnes au grand maximum. C'est un petit paradis, pourvu qu'il le reste. Comme il fait beau, je vais faire du kayak, cette fois tout seul, Chantal préfère s'occuper à faire la lessive et à remettre de l'ordre dans nos sacs qui ont un peu souffert du mauvais temps à Sapa. En fin d'après-midi, nous traversons l'île en escaladant, le mot n'est pas trop fort, le piton rocheux derrière les bungalows. Après la descente aussi périlleuse que la montée sous la houlette de notre guide, nous arrivons sur une belle plage de sable fin délimitée par les rochers, la forêt et une construction abandonnée. L'endroit est squatté par une tribu de singes qui ne se montre pas effrayée par notre venue et vient même nous réclamer des cacahuètes que le guide nous fournit. Il nous a mis en garde, ne jamais montrer les dents devant les singes car ils l'interprètent comme un signe d'agressivité et vous mordent illico. Il faut mettre la main devant la bouche si vous parlez et riez. C'est la couleur blanche des dents qui provoque leur colère; s'il y a des femmes avec les ongles nacrés, elles doivent garder les mains dans les poches. Après cette expérience avec les primates, nous regagnons nos pénates par le même chemin. Le lendemain, il fait moins beau et la journée est entièrement consacrée au farniente. Enfin c'est relatif, car j'en profite pour trier mes photos et rédiger les articles des derniers jours. Comme il n'y a pas de connection internet sur l'île, je ne pourrai les charger qu'à Hanoi ou quand on sera de retour en Chine.

 


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16 au 18 décembre 2010

 

            Hanoi

 

 

      On termine notre voyage au Vietnam par la capitale, Hanoi, qui vient de fêter son millénaire. On y est déjà passé par deux fois avant d'aller à Sapa puis à la baie d'Halong. On y reste encore deux jours, avant de rentrer en Chine. Le coeur de Hanoi se situe dans les 36 Rues, les vieilles rues de Hanoi, au nord du lac Hoan Kiem.

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                           L'îlot de la Tortue sur le lac Hoan Kiem

 

     Le quartier des 36 Rues, chacune spécialisée dans un métier et dédiée à une corporation, est le plus animé avec ses boutiques, ses vendeurs de rue, ses restaurants et les innombrables agences de voyage qui organisent et vendent les séjours et les tours au Vietnam, destination qui a le vent en poupe. C'est vrai que c'est un pays attachant et très abordable pour nous européens, mais le restera-t-il? On retrouve à Hanoi des vestiges de l'architecture coloniale française et des noms bien de chez nous. Une chose que j'avais oublié de mentionner jusqu'ici est que nous trouvons ici, comme à Saigon d'ailleurs, du pain vraiment à la française, et non pas de pâles imitations auxquelles nous étions habitués depuis que nous avons quitté la France. Quel plaisir de prendre le petit-déjeuner avec de la baguette fraîche à la croûte croustillante. Un leg de nos artisans boulangers de l'époque du protectorat français du Tonkin et que les boulangers vietnamiens perpétuent. Le café vietnamien est aussi au-dessus de ce qu'on a eu l'habitude de voir dans les autres pays, où on vous sert le plus souvent un café clair à l'américaine quand vous demandez un expresso. Voilà à mon avis déjà deux bonnes raisons d'aimer ce pays. On finit la journée en allant dîner dans un restaurant gastronomique dont le chef est un français.
     On visite encore la cathédrale St.Joseph, le temple Ngoc Son (la Montagne de Jade), on jette un oeil sur le pont Long Biên, ex-pont Paul Doumer, oeuvre de Gustave Eiffel. En voilà un qu'on retrouve régulièrement sur notre chemin tant il a parsemé la planète de ses constructions en acier. Le lac de l'Ouest est le plus grand du Vietnam et c'est près de là qu'on trouve la pagode Tran Quoc, la plus ancienne de Hanoi et le temple taoïste Quan Thanh. Pour notre dernier jour à Hanoi et au Vietnam on met les bouchées doubles et on a déjà fait le grand marché Dong Xuan à l'heure du laitier, on enchaîne par le temple de la Littérature, la pagode du Pilier Unique, la Citadelle de Hanoi (ce qui en reste après le passage des français), la tour du Drapeau, le musée de l'Armée, mais on doit faire l'impasse sur le mausolée de Ho Chi Minh et sa résidence pour cause fermeture hebdomadaire. Il faut aussi dire que contrairement à d'autres pays, les visites de sites, de monuments et de musées sont très bon marché, sinon souvent gratuites. Le quartier gouvernemental avec ses villas de style colonial jaune moutarde est superbe, d'ailleurs ces villas ont été reconverties en ambassades, consulats ou ministères.
           En conclusion de ce voyage, je dirai que le Vietnam est un pays d'Asie incontournable pour l'accueil de ses habitants, son histoire, ses paysages variés sublimes, son artisanat, sa cuisine parfumée et les prix très attractifs pour le touriste lambda. Un seul point négatif quand même pour être objectif, c'est la circulation infernale des motocycles à Saigon et à Hanoi transformant la promenade des piétons en enfer, aggravé par le degré de pollution atmosphérique et sonore qu'elle engendre. C'est là que j'ai vu pour la première fois des embouteillages de motos et de scooters, dans un enchevêtrement inextricable, bloquant complètement pour de longues minutes un carrefour ou une rue.

  Nous quittons donc le Vietnam par un vol aux aurores pour retourner à Nanchang où nous découvrons qu'il a neigé pendant notre absence. Il n'y a donc pas qu'en Europe qu'il y a une météo exceptionnelle, même si la situation ici n'a rien à voir avec ce qui se passe là-bas. Même si ce voyage nous a enchantés, c'est avec une certaine joie que nous retrouvons notre nid chinois.

 

 

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